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Consommer Mieux pour consommer moins : Vers une consommation énergétique responsable et citoyenne

Résumé : Avec ce programme, les Compagnons Bâtisseurs Provence, accompagnent des ménages en précarité afin de leur permettre de prendre conscience de leur consommation (sensibiliser, informer), d’évaluer les causes de ces consommations (diagnostiquer le bâti, le comportement et les équipements, mesurer), d’agir sur les facteurs provoquant une surconsommation ou une restriction (agir) et d’évaluer les économies réalisées.

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Programme

  • Démarrage : Novembre 2011
  • Lieu de réalisation : Provence Verte
  • Budget : 105000 €

Organisme(s)

  • Compagnons Bâtisseurs Provence
  • 7 rue Edouard Pons
  • 13006 Marseille
  • Salariés : 32
  • Bénévoles : 23
  • Adhérents : 135
Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  08/09/2014 00:00
Solution(s) : Précarité énergétique
Pays :  France, Provence-Alpes-Côte d'Azur
Envergure du programme :  Locale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Universel
  • Domaine(s) :  Participation citoyenne, Logement, Énergie, Éducation, Formation

Fiche collectée dans le cadre du programme RESOLIS « Précarité énergétique »

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Vallette Christine , « Consommer Mieux pour consommer moins : Vers une consommation énergétique responsable et citoyenne », **Journal RESOLIS** (2014)

Origines et contexte du programme

Dans le cadre de la démarche AGIR, en partenariat avec l’ADEME, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a décidé de lancer un appel à projets, dans une volonté de soutenir des actions et des initiatives dans la démarche des économies d’énergies. Le but était d’identifier, au travers d’expérimentations, les conditions économiques, techniques, psychologiques et sociales permettant de provoquer le passage à l’acte des particuliers de manière significative et pérenne. C’est dans ce contexte que nous avons lancé le projet « Consommer mieux pour consommer moins »

Objectifs du programme

I. Promouvoir des pratiques économes et responsables dans le logement : Sensibiliser et informer les habitants sur les solutions relatives à un meilleur usage des énergies dans le logement et les impliquer durablement dans l’entretien et l’éco réhabilitation de leur logement.
II. Améliorer le confort et l’efficacité énergétique des logements : Mise en œuvre de solutions techniques nouvelles qui prennent en compte la question des énergies dans le logement. Cette mission se déroule en plusieurs phases : diagnostics, préconisations, travaux et/ou médiations et mesures des résultats.
III. Créer un fond de remplacement des appareils électroménagers : Permettre aux familles de remplacer des appareils électroménagers dont les mesures soulignent une sur-consommation afin d’induire une économie d’énergie ou une meilleure maîtrise des énergies ; permettre la prise en charge du surcoût mais également une subvention afin d’inciter la famille à abandonner son ancien appareil au profit du nouveau.

Ce projet se construit autour d’une double entrée collective et individuelle avec comme objectif l’émergence d’un groupe de familles « ambassadrices de la Maîtrise des énergies » afin de démultiplier les résultats.

Actions mises en oeuvre

- Travail de repérage des situations relevant de la précarité énergétique : construction de partenariats. Rencontres avec des acteurs locaux, des élus, mise en place de réunions publiques, formation des travailleurs sociaux , sensibilisation des familles à travers des ateliers collectifs construits autour des ressources et savoirs des habitants (« l’œil énergie »), mobilisation des réseaux des personnes pour faciliter le repérage, création d’un groupe de familles ambassadrices
- Réalisation de diagnostics croisant l’entrée bâti, usages, et équipements
- Rédactions de préconisations et retour vers la famille pour leurs mises en place
- Organisation de chantiers et interventions techniques en auto réhabilitation accompagnée en fonction des statuts des occupants
- Mise en place d’une négociation et d’une médiation, le cas échéant en direction des Propriétaires Bailleurs
- Mobilisation le cas échéant du fonds de remplacement de l’électroménager
- Suivi et accompagnement sur 12 à 18 mois

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

• 182 ménages identifiés (347 personnes), dont 159 locataires et 23 Propriétaires Occupants (PO). 125 familles conseillées en individuel soit 299 personnes (dont 141 enfants).
• 24 appareils électroménagers remplacés, 34 chantiers d’Auto-Réhabilitation Accompagnée (ARA) réalisés, 20 médiations
• 3 entrées possibles sur l’action :
- l’entrée bâtie : 10% des identifications dont 85% de PO
- l’entrée surconsommation : 75% des identifications dont 8% de PO
- l’entrée « inconfort » : 15% des identifications dont 7% de PO
• 48% des interventions concernent le bâti et l’amélioration de la performance énergétique, 28% le gain de confort, 12% les usages et 12% les équipements
• Des impacts sur le confort : la verbalisation du « mieux être » dans son logement et le sentiment de ne pas être le « seul responsable » et des gains de confort constatés au travers des mesures de température à « chauffage constant »
• La sensibilisation des enfants et des changements de comportements déjà constatés

Les impacts en termes d’économie
• 30213 litres d’eau
• Electricité : 84694 kwh/an (hors fond de remplacement et hors PO, surtout pour les personnes suivies sur 18 mois ). Pour les PO, un gain moyen en termes de performance énergétique de 29%
• 17 stères de bois
• 24 appareils repérés dont 2 congélateurs, 2 combi et 20 réfrigérateurs. Economie moyenne réalisée sur les appareils : 619kwh/an soit une économie moyenne par appareils remplacés de 79 €

Originalité du programme

Le programme repose sur une démarche, l’ARA (Auto-Réhabilitation Accompagnée), et sur des outils supplémentaires et innovants : la formation d’un groupe de familles ambassadrices et la création d‘un fonds d’aide au remplacement des équipements électroménagers en lien avec la mise en place de chantiers d’auto réhabilitation. Ceux-ci sont un élément important dans l’appropriation des gestes et des comportements « efficaces », dans la négociation avec les propriétaires bailleurs et dans l’amélioration du bâti de logements occupés par leur propriétaire.
Cette démarche du « faire avec » pour « faire en autonomie » vise à rendre les bénéficiaires acteurs des projets afin d‘inscrire les résultats dans la durée.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

Partenariat financiers : ADEME + Région PACA + Fondation Macif + Fondation pour un habitat solidaire
Partenariat technique : Centre sociaux dont celui de St Maximin La sainte Baume, travailleurs sociaux du CG83, CCAS des communes, associations d’insertion sociales type Garrigues (épicerie sociale), Arif (CHRS), Aseparg (prévention spécialisée).

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

• Temps nécessaire pour mobiliser les partenaires : une fois la dynamique de repérage enclenchée, la difficulté est de répondre aux demandes car le projet était calibré sur 80 accompagnements en 2 ans.
• La « saisonnalité » du projet avec énormément de repérage en période hivernale, or les impacts se mesurent à plus long terme
• L’absence de mesures coercitives à l’encontre des Propriétaires Bailleurs et mesures incitatives très limitées

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

• Le repérage : Une évidence : la nécessité d’aller à la rencontre des publics ; une idée, s’appuyer sur le collectif et provoquer la rencontre dans une dynamique valorisante. 52 familles identifiées par ce biais (28.5% des identifications)
• Sensibiliser les travailleurs sociaux sur la durée du projet : pour obtenir des résultats notre action doit s’inscrire dans un accompagnement long, car les familles n’auront pas un retour sur investissement direct sauf en matière de confort
• Construction de médiations sur la base du décret décence (notamment par rapport au chauffage) et négociation sur le reste en valorisant l’implication des occupants du logement dans la démarche

Améliorations futures possibles :

• Les locataires, « les oubliés du droit commun » : mieux comprendre les causes de surconsommation ou de mal être dans le logement pour adapter l’accompagnement en fonction du diagnostic.
• Travailler sur les pratiques curatives et les transformer en questionnement pour mieux comprendre les causes des impayés afin d’adapter l’accompagner à la réalité des situations
• Diffuser l’expérience auprès des travailleurs sociaux pour casser la spirale du « curatif »
• Permettre la prise en compte de l’ARA dans les actions mises en place par la puissance publique pour le traitement de la précarité énergétique
• Construire un réseau régional de l’ARA
• Valoriser les compétences développées par la création d’un pôle d’ingénierie technique, juridique et financière à destination des personnes exclues des dispositifs de droit commun en diffus, des services sociaux, des services communaux, des associations œuvrant dans l’accompagnement social : quelle forme, quel montage ?
• Inscrire cette démarche dans les PDALPD

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

• La triple entrée permet de traiter la problématique de manière globale et de sensibiliser les ménages sur leurs usages mais également sur leurs choix en matière d’équipement.
• L’entrée par les familles ambassadrices demande un accompagnement lourd pour des résultats quantitatifs limités (seules 5 familles engagées pour 12 repérages supplémentaires) mais des impacts importants sur la prise en compte de la question de l’énergie grâce au collectif
• Une démarche de diagnostic atypique construite sur le « faire avec » pour impliquer les occupants. Idée d’auto diagnostic accompagné. « Le faire avec » permet de valoriser les savoirs des familles qui ensuite distillent les informations au sein de leur propre réseau
• L’accompagnement sur les usages est une nécessité quelque soit le type de travaux et le statut d’occupation. L’accompagnement de proximité agit comme une action de prévention : les relevés réguliers permettent de repérer les éventuelles « rechutes » et de réagir immédiatement
• La dimension collective est une pierre angulaire du projet

Idée de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

Il serait intéressant de réaliser une étude sur le fonctionnement d’un fonds de remplacement de l’électroménager sur-consommateur : comment l’intégrer dans les politiques publiques, quel portage ? Quel lien avec les réseaux et chantiers d’insertion travaillant sur la récupération des appareils électroménagers ?

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